Challenge #FlowFleurs2017

J’ai enfin pris le temps de vider la mémoire photo de mon smartphone et entamé le tri de ce bazar sans nom pour en extirper dans un premier temps mes clichés de fleurs. Je me souviens qu’au lancement du challenge en avril, les arbres étaient en pleine floraison, mon moment préféré de l’année… qui a prématurément été abrégé par des vents forts peu après. Mes coins habituels avaient été lourdement touchés, dont mes chers cerisiers gardant la vieille église abandonnée. Mais finalement, j’ai pu rebondir et participer à cette seconde édition du rendez-vous de Flow Magazine.

Pour retrouver ma participation de l’année dernière :
#FlowFleurs2016

 

Challenge #Flow29jours

En février, Flow Magazine lançait sur Instagram un nouveau défi photo. De longue haleine cette fois, puisque chaque journée se verrait affublée d’un thème différent. Quelques challenges livresques sont organisés sur l’appli, mais je trouve malheureusement qu’ils manquent d’ambition. Bien souvent, les participants se contentent de prendre en photo une couverture de livre, sans la moindre mise en scène. Je ne conteste bien sûr pas leur existence ; des gens y prennent plaisir et c’est tout ce qui compte ! Mais me concernant, j’ai besoin de quelque chose de plus pimenté, qui me force un minimum à réfléchir, à chercher un angle d’approche ou à louvoyer quand je ne trouve pas l’étincelle. Le #Flow29jours a su m’apporter tout ça et j’espère que le magazine en organisera d’autres de temps en temps !

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Il y a eu des évidences, comme les clichés de coucher de soleil que j’aime tant prendre aux abords de l’estuaire, comme mon addiction pour le café, la gourmandise qui m’a fait braver une météo exécrable pour aller chercher un macaron à ma boulangerie préférée en ville, Nyny le chat noir pour la photo en noir et blanc, les créations faits-main qui pullulent par chez moi, les mini-cocottes de langoustine que j’avais réservées au congélateur expressément dans ce but,…

Il y a eu des thèmes clairs mais plus difficiles à traiter comme celui des loisirs. Je m’intéresse à tellement de choses que je n’ai pas pu tout résumer en une image. Il y a tellement de choses à faire, tellement de choses à voir, j’en ai parfois le tournis et parfois j’ai l’impression de gaspiller mon temps à ne pas pouvoir écumer le monde de droite et de gauche. Celui du souvenir d’enfance auquel je n’ai pu me résoudre. Je mets trop de soin à occulter ce pan de ma vie et les gens qui l’ont peuplé. Même une photo de peluche aurait été au-dessus de mes forces. Mes albums photo de cette époque ont tous pris le chemin de la benne à ordures lors de la dernière fête des mères. J’étais enfin prête à tourner la page et ne souhaite plus entrouvrir ce livre-là. Il y a encore trop de choses qui me blessent, découlant de toute cette époque, je refuse de m’exposer inutilement. Pour les lettres de l’alphabet, j’ai pensé un moment à dessiner un petit quelque chose mais ces dernières semaines ont été très chargées pour moi, en bien beaucoup et un peu en mal, physiquement et émotionnellement. J’ai déjà bon nombre de dessins en attente sur Photoshop et j’ai donc préféré m’en tenir là. Les plantes et les fleurs aussi, car en hiver, la nature sommeille. J’allais sauter par-dessus la case « selfie », j’ai toujours eu horreur de me montrer, et puis finalement pourquoi pas ? Ça me coûte, je l’avoue, mais cela faisait partie du jeu et j’avais envie d’aller aussi loin que possible dans la partie.

Il y a eu des inattendus, où je m’étais fait une vague idée de ce que j’allais immortaliser mais où la vie a su joliment court-circuiter mes projets. Le projet macro du « petit détail » est ainsi devenu du street-art, à travers ce nouveau sticker de la libération animale apparu au coin d’une ruelle que je traverse souvent puisqu’elle relie les appartements de mes amis fousquetaires. La trouvaille du jour qui aurait certainement été un livre si n’étaient pas arrivés mes objectifs universels pour smartphone et ma batterie de secours, car quand je pars promener les chiens, je ne sais pas toujours à quelle heure j’aurai envie de rentrer à la maison.

Et enfin, il y a eu les tranches de vie. Cet après-midi à m’échiner sur un schéma de souris origami à tenter de comprendre le sens des plis, moi qui n’en avais jamais fait. La satisfaction et la fierté quand j’y suis parvenue. De la tristesse et de la nostalgie quand s’est éteint Ben, ma toute dernière gerbille, alors que j’avais déjà dû dire au revoir à ses frères et sœurs et à mes rats juste avant. J’ai voulu leur rendre hommage avec ce vieux cliché de Marley, pris au début de notre cohabitation, quand elle était venue me dire bonjour « par le fenêtre » de sa cage.  Le thème du « Home sweet home » qui m’a de suite évoqué cette carte postale – reçue d’une amie peu après mon emménagement dans cet appartement qui allait devenir mon premier vrai chez moi – et qui trône sur mes étagères depuis. Le sujet « Sur ma table » qui a pris une tourne déjantée quand je me suis retrouvée à promener en laisse Zebouille la cigogne à travers un restaurant parisien où je déjeunais avec  des amis. Zebouille qui, malgré sa réputation de buveur et gaffeur invétéré, a sans doute été le plus sage à table. La maladroite, ce jour-là, c’était moi ! J’ai failli l’électrocuter en voulant lui apprendre à voler dans les escaliers mais je lui ai surtout fait frôler une ampoule au plafond. N’aimant pas Noël, le thème de la guirlande m’aurait fait grimacer si je ne m’étais pas souvenue de cet après-midi où j’avais retrouvé une brochette de poilus au soleil devant la fenêtre, moment de gagatitude suprême. Le sourire que j’arbore chaque fois que je croise Poutounours le chat errant et ce trio de photos amusantes où on dirait justement qu’il s’entraîne à me le rendre. La couleur du jour où j’ai proclamé « bleu printemps » en ouvrant mes rideaux le matin et le « sous mes pieds » qui est devenu un « sur mes pieds » quand on m’a inondé de cadeaux libeurkcornesques pour me troller.

J’écris la conclusion de ce billet avec un sourire idiot sur les lèvres et des souvenirs qui me fourmillent dans la tête. Avec un tel ressenti, on n’a qu’une seule envie : replonger !