Adieu, mon Bobi…

bobi x640J’ai hébergé la vie pendant dix ans. Un petit soleil entouré de poils dont personne ne voulait. Un être pétri d’amour et pourtant blessé par beaucoup. On se ressemblait en ça, lui et moi. On était seuls, on n’avait rien. Comme lui, j’ai connu l’errance, j’ai connu la rue, l’abandon, la trahison. Tellement de fois.

On a pansé nos plaies ensemble. Comme on pouvait. On s’imbriquait l’un dans l’autre pendant les nuits difficiles, celles dont on compte les heures, les minutes, celles qui font douter du retour du soleil. Les solitaires, les ravagées, les sans espoir, les résignées.

Ce n’était pas juste un chien. C’était mon fil d’Ariane dans l’obscurité, la famille que je n’ai jamais eue, celui qui m’a donné la force de partir sans laisser d’adresse pour me libérer. Celui qui m’a sauvée au fond d’un fossé.

J’ai hébergé la mort pendant dix mois. J’ai joué à faire semblant, je me suis levée chaque nuit. Sans exception. Je guettais le moindre bruit. J’ai pesté d’épuisement parfois, à devoir me lever par trois fois quand le travail de jour me terrassait déjà mais ce n’était pas contre lui. Dix mois à repousser l’inévitable, à leurrer la faux et à s’aimer encore plus fort avant qu’il ne soit trop tard. Il y a eu la lente déchéance et la chute subite. Le petit truc dans le regard qui dit que cette fois, on y est. On ne peut plus tricher ni se mentir.

J’ai hébergé le désespoir par tranches de dix minutes. Dix minutes pour que tu te poses dans la salle d’attente, puis dix minutes à te caresser assise par terre à tes côtés. On s’excuse auprès de nous pour le retard mais on s’en fout, je ne veux pas savoir, je ne veux pas y être. Dix minutes d’auscultation à guetter l’étincelle impossible qui ne vient pas. Dix minutes sans toi pendant la prise de sang, dix minutes à attendre les résultats. Dix minutes à entendre les faits, les possibilités. Dix minutes seule avec toi. Dix minutes à te regarder partir et à te murmurer une dernière fois dans le creux de l’oreille. Pour que tu emportes avec toi l’éclat de ma voix, où que tu iras. Dix minutes à espérer que tu n’aies pas peur, que tu ne m’en veuilles pas. Dix minutes à refuser que ce soit bel et bien arrivé, incapable de croiser tes yeux désertés.

Aucun manuel pour dire que c’est là qu’il faut lâcher, pour promettre qu’il n’y aura plus de bons jours, que je tente ou non l’ultime perfusion sur des reins malades et un cœur fatigué. Aucun manuel pour jurer que ce n’est pas une erreur de vouloir arrêter là. Pour taire l’incertitude et cette terrible impression de baisser les bras par facilité.

Tout le monde parle de ce dernier geste d’amour mais je l’ai vécu et le vis encore comme une trahison. J’ai voulu mourir que de prononcer ses mots, consciente que j’étais acculée, qu’il fallait les donner.

« Endormez-le, s’il vous plaît. »

Il est resté prostré sur la table d’examen pendant le rendez-vous, ce n’était plus ma patate exubérante, celle qui avait du mal à démêler ses pattes avec son trop-plein d’énergie. Celle qui courait après les lapins et me piquait ma bouffe sans remords ni regrets. Celle qui jouait au chien-potté derrière la porte vitrée le matin quand je partais travailler, celle qui aboyait et sautillait quand j’en revenais.

Une fois en salle d’opération, je t’ai dit une dernière fois combien je t’aimais, combien tu t’étais battu jusqu’au bout comme un champion. Combien tu es le meilleur chien de la Terre mais chut ne le dis pas à Aloe. Puis j’ai voulu aller très vite, pour éviter que tu angoisses dans cette salle étrange, et parce que ça m’était insupportable, ce tic-tac au-dessus de nos têtes. Je t’aime je t’aime je t’aime. (vous pouvez l’anesthésier). Je t’aime je t’aime je t’aime. (vous pouvez injecter). Je suis désolée. Tellement désolée.

J’ai hébergé la vie et la mort et maintenant le silence. Plus de ronflement dans le canapé. Plus de cliquètement de croquettes dans la gamelle. Plus de griffes sur le carrelage quand tu venais me réveiller. Plus d’aboiements joyeux ni de chants d’amour Mooon-hon-hoooon. Plus de grommellements idiots quand tu faisais l’autruche en frottant ta tête par terre. Plus de soupirs bien aisés devant la télé.

Juste. Ce. Putain. De. Vide. Immense.

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Les petits bonheurs de la vie #04

Quand novembre aura fleurs nouvelles,
Morte saison sera cruelle.

Dimanche 01/11 : Un dimanche sous la couette avec Gawyn le Psychocat. Il a posé sa tête sur mon bras, j’en deviens toute ankylosée, mais je n’ose pas bouger… c’est si bon de le sentir respirer tout contre moi. Plus tard dans la journée, je découvre le nouveau clip d’Adèle, Hello, et entre le texte doux-amer et les puissantes envolées, j’avoue que ça reflète pas mal mon humeur du moment (même si je ne suis pas du genre à me lamenter sur une relation amoureuse).

Semaine 1

Lundi 02/11 : Alors que j’avais arrêté de chercher ça en ville, je trouve du vernis base et top-coat dans ma pharmacie habituelle. Je me suis senti bête de ne pas y avoir pensé ! Le midi, je me mets aux fourneaux avec quelques blettes, des pommes de terre et des lardons. Je ne pensais pas que j’aimerais ça mais malgré la béchamel ratée, c’était délicieux !

Mardi 03/11 : Premier essai de peinture digitale sur Photoshop. J’ai choisi de me lancer dans un portrait de Daenerys, dans Game of Thrones. Ce n’est pas gagné, mais comme on dit, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. J’entame et finis un dessin digital plus simple pour les fêtes. Je pensais l’imprimer en quelques exemplaires pour vendre sur la boutique, mais j’ai finalement trop à faire et à penser pour le moment. Projet remis à l’année prochaine. Lire la suite

Les petits bonheurs de la vie #03

On dit du bonheur qu’il ne faut pas l’attendre, mais le construire. Quand j’ai découvert ce rendez-vous chez Selma de The Little Black Case, j’ai immédiatement eu envie de m’y essayer ! Le principe est très simple : tirer 7 expériences positives de la semaine écoulée, quoi qu’il vous soit arrivé.

positiveLes petits bonheurs de la vie

Deux éditions à peine ont été publiées avant que je ne délaisse déjà ce RDV. Mes projets professionnels (et tout ceux qui en dépendaient) se sont ramassés les uns après les autres, alors que les ennuis se sont à nouveau groupés sur le pas de ma porte. Une banque aux méthodes foireuses, la condamnation à mort d’un de mes poilus, un ordinateur mourant (pour changer),… Les désillusions ont été nombreuses et c’est pourquoi il est plus que jamais vital de me recoller à ces petits résumés hebdomadaires !

Cette semaine, le bonheur pourrait ainsi se résumer :

Veni, vidi, vici : Pour tenter de me sortir de la mouise avec les factures vétérinaires qui s’accumulent, je me suis mise à la confection de petites bricoles faites-main en espérant parvenir à les revendre. Dans cette liste : des peluches amigurumi. Une fois le matériel en mains, j’ai eu de gros doutes et ai dû sans arrêt faire, défaire et refaire pour apprendre le métier. Mais au bout d’une dizaine de jours, j’ai compris les bases et mon premier lapin est né ♥

Et #PAF dans ta wishlist : Je voulais lire l’adaptation BD de Princesse Sara depuis un bon moment, mais les BD, ce n’est ni donné ni clairement ma priorité pour l’instant. Mais grâce à l’opération 48H BD début avril, j’ai pu sortir ce titre de ma wishlist pour seulement 1€ ! En allant récupérer le paquet en point relais, je suis également tombée sur Flow Magazine. J’en entendais tellement parler que je n’ai pas pu m’empêcher de le feuilleter sur place. L’ambiance optimiste et créative du magazine m’a fait racler le fond de mon porte-monnaie sans trop de regrets ! Lire la suite

Petit Journal Illustré #01

À force de tout numériser pour tenter de faire plus sérieux (le Concerto en Chat Mineur est passé en colo’ digitale, rejoignant ainsi le clan des Poissonrougeries), je me suis rendu compte que je perdais l’amour du maniement des feutres et des crayons de couleur. Chaque trait était calculé, peaufiné, retravaillé. Et parfois, soyons honnête, ça prend des plombes et ça prend la tête !

J’ai eu envie d’inaugurer un nouveau concept où je retrouverais le côté détente pur et dur ainsi que le contact du papier, avec pour défi : zéro crayon/gomme. Le premier crayonné serait aussi le dernier et tant pis pour les imperfections (je suis terriblement maniaque avec mes dessins, vous n’imaginez pas à quel point cette consigne relève de la torture :o). Alors bien sûr, c’est de la qualité scanner mais j’avais envie de partager avec vous ce petit journal illustré !

26  DÉCEMBRE  2014

Temps à la pluie Rejoindre les Fousquetaires pour une galette des rois Me faire laminer au DOG malgré quelques coups bas de ma part pour gagner du temps Échanger nos petits cadeaux de Noël (Yoshi, TFIOS, etc) Offrir des os aux Poireaux, me marrer devant Aloe qui parcourt l’appartement des copains en long en large et en travers afin de trouver le meilleur emplacement pour ronger son os, et voir Bobi se demander ce qu’il pourra bien en faire Dîner tous ensemble Parler de tout et n’importe quoi… surtout n’importe quoi ! Rentrer crevée à minuit — mais avec le sourire —, alors que ce n’était pas gagné…

journal illustré 01

Les petits bonheurs de la vie #02

positive

On dit du bonheur qu’il ne faut pas l’attendre, mais le construire. Quand j’ai découvert ce rendez-vous chez Selma de The Little Black Case, j’ai immédiatement eu envie de m’y essayer !

Le principe est très simple : tirer 7 expériences positives de la semaine écoulée, quoi qu’il vous soit arrivé.

 

Cette semaine, le bonheur peut ainsi se résumer :

  • « Qui ne veut pas peut quand même » : J’étais censée travailler 3h30 en extérieur, dimanche après-midi, mais la météo en a décidé autrement. J’étais bien décidée à mettre ce chômage technique à profit et faire des choses constructives à la maison. Comme quoi, même les meilleures intentions ne suffisent pas… Ma journée s’est soldée par un panneau d’armoire dézingué dans un coin, un autre avec une vis de serrage en moins… et qui est tombé droit sur l’applique en verre de la chambre *BLING*. J’ai fini en pleurs sous la douche avec cette impression de toujours tout rater. Le lendemain, j’avais tout sauf envie d’aller au boulot. J’y suis allée, j’ai souri, j’ai plaisanté… et j’ai vendu !
  • Aimer son pays, sa patrie : En rentrant à la maison le soir, j’ai sorti les chiens, puis direction la douche pour soulager mes coups de soleil et mes pauvres jambes. Encore une fois, envie de rien sinon de couetter. Mais j’ai tout de même été dîner en compagnie de mes 3 Fous-quetaires. On s’est ensuite promenés parmi les stands de la fête foraine en ville, en attendant le feux d’artifice du 14 Juillet. Entre la jolie bleue et la belle pluie de feu coulant le long des remparts de la citadelle, je me suis dit que malgré tous les coups durs, la France restait un pays dont on pouvait être fier. Alors je l’ai été et j’ai admiré !

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Les petits bonheurs de la vie #01

On dit du bonheur qu’il ne faut pas l’attendre, mais le construire. Quand j’ai découvert ce rendez-vous chez Selma de The Little Black Case, j’ai immédiatement eu envie de m’y essayer !

Le principe est très simple : tirer 7 expériences positives de la semaine écoulée, quoi qu’il vous soit arrivé.

positiveLes petits bonheurs de la vie

Je dois avouer que cette première édition n’a failli jamais voir le jour. Je l’avais soigneusement préparée, et le sort s’est acharné à me faire mordre la poussière. J’étais bien décidée à faire la tête, mais qu’est-ce que ça change au fond ? Et à trop procrastiner, on finit par ne jamais rien faire… J’ai donc pris sur moi pour me motiver et prendre le taureau par les cornes !

Cette semaine, le bonheur prend pour moi la forme :

  • d’une plante (tillandsia cyanea – baptisée Tilly) qui me rendait folle à jouer les Tours de Pise alors qu’elle est simplement sur le point de devenir maman ♥
  • de l’odeur de la pluie et de la terre mouillée : voir des torrents se déverser sur la rive d’en face de la Gironde et pourtant garder la tête & les pieds bien au sec sur la mienne.
  • d’une copinaute qui me fait un peu de pub de façon spontanée : Dans ces cas-là, je suis toujours aussi émue par le mot qui accompagne la démarche que par les nouveaux abonnés qui arrivent sur mon autre blog par ce biais.

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