{ 15 Décembre 2014 } Ode à mon pied

Journal d’une Patte adulée

Ô toi, mon pied, pur être de lumière
Dont la silhouette se dégage du clair de lune à la fenêtre
Ô noble destrier, plus que tes trois frères
Sur toi, j’ai toujours pu compter
Nous avons connu maints orages et tempêtes
Des sols glissants, menaçants et gorgés d’eau
Nous avons logé en d’étranges châteaux
Au portail gardé par de terribles chiens-poneys
Nous en avons séduites, des belles à la cour,
Jouant les jolis cœurs aux milles troubadours
D’innombrables péripéties sont venues éroder
Tes tendres coussinets, doux comme de la soie
Ô, mon pied, que serait ma vie sans toi ?
Tu me portes sans hésiter jusqu’au rôti interdit
Je te fais épouser l’ombre des murs
Pour te débarrasser de vils grains de litière
Ou redécorer l’antre de notre chère humaine
Pauvre créature aux pieds nus,
Sans poils ni griffes, elle croit nous dominer
Comme nous rions souvent de cette petite ingénue
Ô mon pied, je ne saurais cependant jamais assez déclamer
Combien aucune chaussure ne viendra égaler ta beauté
Accepte mon amour et viens te blottir dans le creux de mes ailes
Ensemble nous affronterons le monde et vivrons à jamais
Entre tes orteils, je viendrai chanter d’espiègles promesses
Sur l’octave de la sauce s’écoulant des boîtes de thon
Nous nous étendrons côte à côte avec paresse
Et même Achille nous enviera notre idylle
Car il est bien connu que son vulgaire talon
Ne fera jamais de lui un aussi bel étalon

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